October 2009
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Médiathèque de Nilvange
La médiathèque est un pôle départemental de lecture publique du Conseil Général de la Moselle:
1, rue Castelnau - Nilvange BP 80050 57702 Hayange Cedex
03 82 86 47 00 contact@mediatheque-nilvange.net
Né en 1969, Pierre Ménard vit à Paris. Bibliothécaire, il anime régulièrement des ateliers d’écriture et de création multimédia. Présent au travers d’interventions en revues, ainsi que sur supports sonores et sur internet. Il participe au comité d’orientation et publication de Publie.net et y anime la revue de création Internet : d’ici là. Il a publié plusieurs ouvrages aux éditions Le...
“Cette démarche semble radicalement importante. Savoir en quoi, à rebours, cette écriture questionne notre rapport à l’écran, à notre permanent échange numérique, puisque justement c’est via le numérique et l’écran que, lui dans le tunnel, on garde contact avec les autres.” — François Bon, Tiers Livre.
Plusieurs approches dans l'atelier
Un travail sur les fragments de pensées et les idées éphémères qu’induit la communication textuelle à l’ère du numérique (email, chat, SMS, tweets, etc…), que l’on trouve au centre de l’installation Ghosts, et qui sont également au cœur de certains textes diffusés sur la plateforme de littérature contemporaine Publie.net, créé par François Bon.
Axes d’écriture
1. Travail sur les Photomatons, Vincent Tholomé (conception graphique & mise en page Eric Jacques), éditions Les Carnets du Dessert de Lune, 2002.
A noter : Deux approches littéraires intéressantes sur le net autour de la forme courte : Le blog d’Éric Chevillard : L’autofictif / Le Carnet de Marc Pautrel
2. Travail sur le journal irrégulier d’écoute de flux sonores en temps...
Poème liminaire
Le texte est une fiction au service du sens. Par un supplément de simulacre et de fermeture qui semble s’engager avec la transformation du dehors. Une autre mise en place. Par exemple le jeu, le travail de cette feinte. Il n’y a rien hors du texte. Le parcours de ces blocs d’écriture forme une lecture entre les lignes de nos livres de chevet, dont on n’achève jamais vraiment l’inépuisable...
En venant vers vous....
des chants d’oiseaux de la campagne coupés par un bruit de de moteur d’un jeune automobiliste qui se prend pour Alonso, des klaxons qui résonnent, des coups de frein d’un gros camion sur le bitume puis le ronronnement régulier du moteur de ma petite auto, des potières de voitures qui se referment et les voix fines et douces des bibliothécaires qui nous accueillent avec beaucoup...
sauci son(s)
ça schuinte ce frigo,
ça m’agace ce micro-ondes qui m’appelle avec ce son binaire
c’est maintenant mon robinet que siffle en même temps que l’eau coule
cette mélodie téléphonique plutôt suave, quelle idée !
des concepteurs sonores voilà c’est cela le design.
La voiture est aussi en accord, avec ce claquement de portière sourd, me voilà embarqué pour voyager.
La vie sonore d'un samedi matin
réveil X2
la cafetière électrique qui ronronne
bruits de pas légers frottant le parquet sous la pantoufle
petites voix fluettes de l’enfance
petits bruits de bisou tout chauds
un bonjour viril et chaleureux
le chant de la douche qui éclabousse son eau encore vierge
le cliqueti des clés dans la porte
celui de l’ouverture des portes de la voiture
le vrombissement du moteur au...
partie, partition
le bipper de l’alarme du téléphone portable (penser à acheter un vrai réveil) puis le bruit trop fort de l’eau projetée sur l’émail de la baignoire, la vibration de la brosse à dents électrique, l’eau qui chauffe fait siffler le petit oiseau de la bouilloire
porte de l’appartement qui grince, porte de la voiture qui claque
puis plus rien qu’une grosse nappe...
Parcours
Grincement de la porte
Clé dans la serrure
Ronflement d’un diesel
Cri d’enfant
Crissements de pneus
Freinage en dérapage
Silence
Soupir de soulagement
Interrogation
Bruissements de mots
Salutations
Bavardages
Travail
Michel M.
des hommes et des femmes du monde
des hommes ne vivaient que dans l’inimitié
quelques familles seulement ne connaissaient que la tranquillité
d’autres bien sûr la grande précarité
tandis que les initiés ne parlaient que de rentabilité
et les grands de ce monde concoctaient un autre choix de société
mais pour les hommes et les femmes de bonne volonté
le pale soleil de l’automne ne tarira pas leur grande...
Les mensonges de l'aube (Evan HUNTER)
Maison à l’abandon
Jumeaux abandonnés
Père absent, jamais revu
Divorce et pension alimentaire
Nous flânons en poney
Nous nous tenons par la main
Mère me parle à moi
“Tu n’étais pas là !”
Satanée voix
“C’est l’heure d’aller au lit
Mais où sont les jumeaux ?”
Michel M.
Jours de douleurs
Chaleur, sable chaud, soleil de plomb
Eau turquoise sous rocher en surplomb
Rencontre passagère, regard d’une allumeuse
Déferlante d’eau blanche, écumeuse
Plongeon carpé à s’en fracasser les membres
Pour finir aux urgences, antichambre
D’un séjour de cris, de douleurs,
De soins, présages de jours meilleurs.
Mieux vaut singer un beau-parleur
Que de finir en...
Un chasseur de lions
Pour contestable soit la méthode,
la victoire peut raisonnablement escompter se faire
un bénéfice
alors qu’il rencontre un groupe,
déambule avec des amis,
gens pacifiques
coup de hasard,
trois mille batailles sans armes
laissent tomber une énorme pierre
mais aucun trucage
rien d’autre que librement.
Martine
Mon Etoile à moi :
Tu me réveilles encore la nuit
petite...
bonne excuse (ma grand-mère est morte, m'sieur)
en route pour l’atelier, le retard qui me guette, dès le départ, partie trop tard
quelle idée alors, préférer à l’autoroute la vieille nationale, mauvais choix : les automobilistes du samedi rivalisent désormais de lenteur avec ceux du dimanche
oui, mais … délicieux passage sur les traces de l’enfance
comme à chaque fois, les souvenirs sédimentés s’interrogent...
déclaration
voilà c’est arrivé je l’attendais c’est précis
c’est toujours un plaisir de la voir, c’est ainsi
je la découvre de son habit bleu
je n’attendais pas mieux
cette fois elle est rose, elle me dit tout sur moi
c’est assez intime cela me met en emoi
elle est en effet déjà remplie
cela me suffit
oui c’est ma déclaration d’impôt
c’est...
les absences du capitaine Cook
le bonhomme
désaltérer
devenir fou
une soif inextinguible
qui confond l’eau avec le carton
connait
du vin que les sarments
échapper
l’alcool au goulot
étancher
les eaux minérales
ouvre grand la bouche
il avale distraitement
à boire par pitié
faire commerce
étouffe
contenir
grossir son murmure
arrose
Daewoo
Dans mon ordinateur les amours commencent: une perspective ouverte. L’évidence.
L’avalanche des chiffres fixent la cadence à coulée continue, les mots redisent, vous regardent ou se détournent ou finissent.
Je ne prétend pas rapporter la conversation.
Le bruit de la ville devient muet. C’est le désarroi.
Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants
J’ai la peur de tous, hommes fous ou ennuyeux. Oser lutter …
A traverser la barrière rouillée pour un endroit plus intéressant
- même s’il se ferme après quelques secondes -
j’espère le sourire, une raison lunaire, les coins noirs, les arbres touffus
Lutter, mais peur de vaincre …
Paysages originels
entrer le numéro 48
évoque un petit exercice
se livrer dans un tableau
de la mémoire du désir
y échanger des baisers
je l’avoue un peu d’intimité
dans le monde l’espace
les lieux de l’imaginaire du jeu défini
le spectacle il est temps maintenant
Pierre Ménard
Poème à la minute
« Un poème à la minute est un poème où on écrit un vers par minute. On détermine à l’avance combien de vers il contiendra et donc combien de minutes on disposera pour écrire son poème. On réfléchit pendant une minute à son premier vers puis on l’écrit et on passe le temps restant de la minute suivante à réfléchir au second vers puis on l’écrit lorsque le temps imparti est passé. Puis on...
Page 48
Ce projet s’inspire d’un texte de Joe Brainard, “I Remember”, dans lequel l’écrivain américain évoque ses souvenirs à partir d’une formule récurrente lui servant de leitmotiv et dont s’inspirera ultérieurement Perec en publiant “Je me souviens”.
“Je me souviens d’avoir projeté de déchirer la page 48 de tous les livres que j’emprunterais à la bibliothèque publique de Boston mais de m’en être vite...